LAC DES CYGNES

Le lac des cygnes jouait en background la première fois qu’on s’est embrassés. J’me suis tannée qu’on se parle, qu’on se sourit en se r’gardant la bouche à tout bout d’champ. J’me suis penchée vers toi pis dès que mes lèvres ont effleuré les tiennes, ça été fini. Fini mes doutes. Mes questions. Kapout. Pu une idée dans ma tête à part l’idée que tu venais de faire tout basculer. J’ai tout de suite aimé ça, j’ai tout de suite su que ça serait pas notre dernier baiser pis qu’on venait de se faire prendre dans un beau grand piège. J’ai su que je t’aimerais au point où ça me brise et m’fait mal, j’ai su que tu pourrais faire tout c’que tu voulais de moi pis que j’t’aurais laissé faire. On a ricané comme des enfants, la tension est revenue, on s’est ré-embrasser pis elle est repartie. On lui a fait ouvrir et claquer la porte à coups de baisers. Des baisers assurés, doux, piquants et sucrés. Des baisers quétaines, baisers dignes de mauvais romans à l’eau de rose, où les bouches se trouvent d’elles-mêmes, sans hésitation, comme si elles avaient été jointes toute leur maudite vie. Des baisers que j’me suis surprise à quêter, encore et encore, à avaler, à siroter comme un verre de vin pis à dévorer en même temps, comme un sac de popcorn avant même le début du film. J’ai tout de suite eu confiance en nous, tout de suite pensé que ce baiser-là venait de sceller un pacte secret qui nous lierait tous les deux. Le lac des cygnes jouait en background la première fois qu’on s’est embrassés.

C’est peut-être pour ça que j’ai cru en un signe de l’univers quelques jours plus tard, quand, dans ton salon, on a bu du vin pis qu’on s’est sourit avec cette même tension, ce même besoin-là, cette même passion folle qui nous gruge le bas du ventre. T’as mis un vinyle dans la table tournante pis les premières notes qui en sont sorties m’ont rappelé c’te premier baiser-là. Tu m’as pris la main, m’invitant, sans un mot, à me lever pis à danser avec toi. Une danse lente, comme une belle marche dans le milieu d’la pièce, une marche de rêveurs qui r’gardent pas où y vont, qui se blottissent l’un contre l’autre comme si la soirée allait s’enfuir que’qu’part, s’effacer sans prévenir. Les pommettes roses de vin pis de désir, ta main qui glisse dans mes cheveux comme les baisers que tu laisses glisser dans mon cou, l’appréhension, la terre qui s’arrête de tourner. Le lac des Cygnes jouait encore quand notre danse s’est arrêtée aussi, arrêtée au pied du lit, que nos vêtements sont allés rejoindre doucement nos blessures, nos peurs pis nos passés au sol pis que tes bras m’ont serrée jusqu’à ce que j’murmure ton nom dans un soupir. Le lac de Cygnes jouait en background la première fois où tu m’as déshabillé avec les yeux, avec les mains, avec l’âme pis que j’ai été nue, nue, nue. Et ma peau et mon cœur et mon âme t’ont fait l’amour.

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